mardi 9 novembre 2010

Temples et merveilles du mont Koya

Après une nuit reposante chez les moines et un petit-déjeuner végétarien pris à 7h , nous sommes partis à la découverte de l'autre partie de la ville: celle où la majorité des temples sont rassemblés. Et pour la première fois, nous sommes arrivés avant même l'ouverture des temples (8h30)!

Part 1: Le temple de Kongobuji

C'est le temple principal de l'école Shingon et les affaires religieuses des 3600 temples de cette école sont dirigées à partir d'ici. Le temple original avait été construit en 1593, il a été détruit puis reconstruit en 1863.


A peine grand ce temple...



De magnifiques peintures décorent les pièces. La pièce ci-dessous est connue pour un évenement funestre: Toyotomi Hidetsugu (le fameux...) s'est sucidé ici par "seppuku", c'est-à-dire par éventration (connu aussi sous le nom d'hara-kiri mais apparement le terme politiquement correct c'est seppuku).



Un joli jardin japonais embelli par les couleurs de l'automne.




Enfin, la visite incluait une dégustation de thé accompagné d'un gâteau de riz.




Part 2: le Danjo Garan

L'édifice principal de cette enceinte sacrée est la pagode Konpon Daito. A l'intérieur se trouve le Dainichinyorai ou "Bouddha cosmique" et ses quatre assistants.



Sur la photo ci-dessous, une pratique que je n'avais jamais observé auparavant: les japonais déposent des pièces sur leur tranche. On se demande vraiment comment cela tient... j'ai essayé chez moi et ce n'est pas easy easy!




Ensuite, il y a le Kondo construit par Kukai en 819. C'est le temple principal, d'importantes cérémonies bouddhistes pour l'ensemble des temples de la montagne sont accomplies ici.


Les peintures ainsi que la poudre parfumée que l'on se met sur les mains en rentrant rappellent les origines indiennes du bouddhisme. Petite anecdote: l'entrée du temple est payante (200Y soit moins de 2€) mais il n'y a personne pour tenir la caisse, juste une boite et un petit écriteau car cela ne viendrait à l'idée de personne de ne pas payer (c'est autre chose que le métro parisien...).


Quelques photos de temples situés dans la même enceinte.







I love NY Koyasan ;)

lundi 8 novembre 2010

Nuit chez les moines de Koyasan

Pour parfaire notre expérience à Koyasan, nous avons choisi de passer la nuit dans un temple bouddhiste, le Rengejo-in. Cet option, quoi que coûteuse (13 000Y/ pers avec 2 repas compris), en vaut vraiment la peine!

Tout d'abord le cadre est idylique:

- l'entrée du temple




- nos chambres de style japonais donnaient directement sur un superbe jardin



- les moines sont très gentils


Ensuite, nous avons pu tester pleins d'expériences typiquement japonaises:

- les bains japonais: on s'assoie sur une petit tabouret en face d'un miroir pour se laver et ensuite on va se relaxer dans un bain très très chaud (ci-dessous une photo trouvée sur le web pour vous donner une idée)


- on a dormi sur des futons après avoir essayé de magnifiques kimonos et yukatas





- nous avons pu gouter à la cuisine végétarienne bouddhique shojin-ryori (sans viande, ni  poisson, ni oignon, ni ail).

Au dîner:



Nous avons également eu le droit au récit de la doyenne du lieu ( 90ans tout de même, apparement la méditation ça conserve) dans un anglais parfait. Son mari était l'ancien "propriétaire" du temple et c'est désormais son fils qui a pris le relai.



Contenu du petit-déjeuner: du thé vert, du riz, de la soupe miso, du tofu-éponge, des légumes marinés...



Et l'expérience ne s'arrête pas là! Nous avons également participé à environ 2h de méditation :)  Une première heure le soir avant le dîner, je l'avoue j'étais très fatiguée et lorsque l'on m'a demandé de m'assoir dans l'obscurité et de fermer les yeux, je n'ai pu réprimer quelques moments d'absence... En revanche, pour la médiation de 6h à 7h du matin le lendemain, j'étais bizarrement beaucoup plus éveillé! Il faut dire que nous nous étions couchés à 22h... et je crois aussi que les "IonNionIanNian" des moines qui accompagnaient la méditation m'ont inspiré.


Petite anecdote: pendant que nous mangions tranquillement, les moines avaient pris soin de remettre tous nos "chaussons" en place, impressionant!


Comme vous avez pu le comprendre, j'ai été conquise, ne vous étonnez donc pas si je vous annonce prochainement que je me convertis au bouddhisme ;)

Pélerinage à Koyasan

Koyasan est un plateau couvert d'épaisses forêts et entouré de 8 pics sur lequel s'étend un immense ensemble monastique inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. C'est l'un des centres les plus dynamiques du bouddhisme japonais avec plus de 110 temples et 7000 moines! Historiquement c'est également le lieu où a été fondé le bouddhisme de la branche Shingon (une des formes les plus répandues au Japon, l'autre étant le boudhisme zen) par le moine Kukai.

Pour y accéder, il faut tout d'abord prendre un train qui traverse les montagnes puis un téléphérique qui nous permet de nous enfoncer dans la forêt et offre une vue vertigineuse.



Première agréable surprise lorsque nous traversons la ville: les feuilles sont déjà rouges ici! A cause de l'altitude, les températures sont nettement plus basses ce qui explique un automne un peu en avance par rapport au reste de la région.





Si on veut voir des temples, on ne devrait pas s'ennuyer...



Première visite: le cimetière de Koyasan ou Oku-no-in.
L'Oku-no-in est composée d'une allée de 2km de long entourée de cèdres, vieux de plusieurs centaines d'année et de plus de 200 000 pierres tombales de samouraïs et de gens ordinaires, le tout menant à Torodo, le temple des lanternes. La promenade menant jusqu'au Todoro est absolument fascinante et celui-ci clout le spectacle de manière grandiose. Il est difficile de décrire l'ambiance qui régnait dans cet endroit mais je me suis un peu sentie dans un autre monde, le temps de quelques heures.




Ce qui contribue beaucoup à la magie de ce lieu, ce sont toutes les petites statues parées de vêtements, coiffées d'un bonnet rouge ou d’un bavoir que l'on trouve le long du chemin. Ces statues sont des représentations de Jizô, le protecteur des enfants malades, des femmes enceintes, et des personnes qui souffrent. Dans la religion bouddhiste, il accompagne le défunt dans l'au-delà, surtout les enfants. Le bavoir qu'il porte autour du cou est généralement confectionné et mis en place par une mère qui a perdu son enfant. Cela peut également être un don de parents reconnaissants suite à la guérison d'un enfant.









Peu avant l'arrivée au temple des lanternes, s'alignent une dizaine de statues noires sur lesquelles il faut verser de l'eau de la rivière pour purifier les morts de notre famille.


Le Todo-ro contient 11 000 lanternes qui brûlent jour et nuir. Les plus vieilles dateraient du XIème siècle etse consumeraient donc depuis cette époque. C'est aussi là que se situe le mausolée de Kukai, où l'on dépose chaque jour des offrandes de nourriture pour l'aider dans sa méditation car, selon la légende, Kukai n'est pas mort et il se repose dans sa tombe en attendant l'arrivée du nouveau Bouddha.



Après cela, nous étions prêts pour la séance de méditation qui nous attendait dans notre temple-auberge!